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Ce que nous éclaire l’effet Placebo & Nocebo

 

Nos tests montrent que les performances de notre nouveau médicament n« Nos tests montrent que les performances de notre nouveau médicament n’est pas mieux que le test avec placebo. Nous devrions peut-être investir dans les placebos »

Déjà en 1959 les études faites sur ce sujet montraient que dans 30% des cas un patient guérissait en prenant un médicament contenant un élément non actif, comme du sucre par exemple. Les dernières études montrent un taux d’efficacité allant jusqu’à 90% selon les cas, les pathologies et le contexte du protocole. (voir les travaux du Docteur Patrick Lemoine)

« Lorsque j’étais jeune interne, raconte Dominique Barrucand, nous recevions régulièrement une malade souffrant d’un asthme très grave. Elle nous arrivait toujours dans un état désespéré. Nous lui faisions des perfusions de corticoïdes et elle réagissait très bien à ce traitement. C’était quasi miraculeux. Un jour, j’ai préparé un bocal de sérum physiologique. Et sans prévenir personne, je lui ai administré le sérum au lieu de lui donner des corticoïdes. Son état de mal gravissime a disparu en quelques minutes, comme avec les corticoïdes, et les différents tests sanguins effectués ont également réagi comme si elle avait subi un traitement normal »

(extrait du livre « placebos et effets placebo en médecine de P. Kissel et D. Arrucand aux Editions Masson)

Dans le documentaire HEAL, David R. Hamilton Ph. D. en chimie organique raconte combien il était fasciné par les résultats en testant les nouveaux médicaments qu’il fabriquait. Le protocole consiste à prendre deux groupes de 100 personnes et à donner à l’un le nouveau médicament et à l’autre un placebo et de comparer les résultats. Or, raconte-t-il, il était fréquent que le groupe placebo atteigne des taux de guérison de 75%. Je comprends sa fascination, il y a de quoi se poser des questions…

Ces résultats encore peu connus signifient que notre organisme, via notre conscience qui valide le processus en accordant sa confiance dans le médecin et la médecine, ou pour d’autres raisons, est capable de synthétiser la pharmacopée appropriée pour obtenir la guérison. C’est l’effet positif de l’effet placebo* qui au passage veut dire « je plairais ».

A l’inverse notre organisme, via notre conscience qui ne valide pas le processus en n’accordant pas sa confiance dans le médecin et la médecine, ou pour d’autres raisons, va synthétiser des substances plus ou moins nuisibles. C’est l’effet négatif de l’effet nocebo qui veut dire «je ne plairais pas ».

L’expérience  de la guérison varie selon les attentes, qu’elles soient conscientes ou inconscientes.

En fait, et c’est là une vision toute personnelle, si on ajoute l’effet positif placebo à l’effet négatif nocebo + l’effet neutre, on obtient probablement 100%.  Ce que je veux dire c’est que, comme toute chose, le placebo peut être « chargé » positivement, neutre ou négativement selon nos propres filtres internes. Nos considérations sur la médecine, notre état émotionnel du moment,  l’information véhiculée par le contexte du placebo comme le protocole de la prescription, l’attitude et la voix du praticien, la taille ou la couleur ou le nom du placebo aura une influence déterminante sur le résultat.

* Il y a quelques années, je vous aurais affirmé que pour que l’effet placebo fonctionne il ne faut pas que le patient soit au courant mais il existe aujourd’hui au Canada des médicaments avec le mot PLACEBO indiqué sur la boite. C’est sans doute la magie du rituel qui fonctionne: la prescription, la boite, l’ordonnance, le cachet avec sa couleur bien spécifique selon la nature du mal et en plus le patient peut se dire que si ça marche au minimum dans 30% des cas pourquoi ne pas essayer sachant qu’on est sûr au moins d’éviter les effets secondaires…  

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